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Souvent perçus comme très technocratiques, les maillages administratifs constituent pourtant une composante essentielle de l’action publique. Cet ouvrage collectif montre qu’ils en disent long sur les politiques contemporaines. À travers une série d’enquêtes centrées sur le cas français, il dévoile comment ces découpages territoriaux sont pensés, mis en oeuvre et sans cesse discutés. Car les maillages ne sont jamais neutres : ils traduisent des choix, des rapports de force et des visions du territoire.
Organisé en trois parties, cet ouvrage explore d’abord les logiques politiques qui président à la fabrication des découpages, du département aux quartiers. Il s’attache ensuite à des maillages souvent méconnus, qui structurent la justice, l’école, la santé ou l’action sociale. Enfin, il analyse l’émergence de zonages ciblés, conçus pour lutter contre les inégalités sociales ou protéger l’environnement.
Les mailles territoriales d’action éclaire ainsi un aspect central de la politique publique : les découpages du territoire comme outil d’action. Il offre une clé de lecture originale des tensions entre quête d’efficacité et exigences de démocratie territoriale.
(FR) Partie 1. Maillage et projet politique
Partie 2. Maillage et accès aux droits
Partie 3. L’action publique en partage : du maillage au zonage
Antoine Laporte
Antoine Laporte est maître de conférences en géographie à l’ENS de Lyon. Ses recherches portent sur les politiques des États européens en contexte de crise budgétaire, sur l’organisation de leurs services publics et des maillages administratifs.
Antonine Ribardière
Antonine Ribardière est professeure en géographie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Ses travaux portent sur l’analyse des divisions sociales de l’espace et des politiques publiques contre la précarité et pour l’accès au logement, principalement en France et au Mexique.
Chapitre 1
Les départements et communes français, fossiles ou phénix ? (pages : 25-46)
La particularité du paysage administratif français est sa conservation d’un découpage très fin en 36 000 communes et 100 départements depuis plus de deux siècles. Ces mailles sont toutefois fragilisées depuis les années 1980, dans un contexte de décentralisation, par la création de nouvelles entités, comme les regroupements communaux en EPCI ou l’échelon régional.
Chapitre 2
Le maillage intercommunal : une révolution ambiguë (pages : 47-67)
La lente genèse d’un maillage intercommunal révèle l’importance des enjeux et les rapports de force entre intérêts locaux et incitations étatiques aux différentes étapes du processus. Sa généralisation a profondément modifié les conditions d’exercice des politiques publiques et contribue à instaurer des échelons de proximité encore difficiles à appréhender pour les citoyens.
Chapitre 3
Les paris contrariés d’un plus grand Paris (pages : 69-79)
La Métropole du Grand Paris se distingue dans le paysage des EPCI par la lenteur de son développement et par le maintien d’un échelon intermédiaire doté de compétences décisionnelles. Les objectifs de solidarité et d’aménagement se heurtent à la concurrence territoriale. L’échelle métropolitaine reste principalement associée aux transports et aux investissements structurants de l’État.
Chapitre 4
Créer des quartiers de démocratie participative : d’éternelles représentations du territoire ? (pages : 81-98)
Les conseils de quartier, instaurés en 2002, encadrent la participation des habitants aux projets locaux d’aménagement. Les débats parlementaires mettent en lumière les arguments favorables et critiques à l’égard de ce nouveau quadrillage. L’exemple francilien illustre un pragmatisme politique ayant conduit à un maillage stable, révélateur d’enjeux limités.
Chapitre 5
Découper pour mieux régner en Tunisie post-révolution (pages : 99-125)
En Tunisie, les maillages administratifs sont au cœur des enjeux démocratiques et des inégalités territoriales. Après la révolution de 2010, la décentralisation s’est traduite par de nouveaux tracés et un renforcement du niveau communal. Ce processus implique des arbitrages entre volonté de rupture et maintien d’héritages politiques.
Chapitre 6
Les enjeux de la carte judiciaire française (pages : 129-154)
Les réformes de la carte judiciaire interrogent leur rationalité. Le maillage actuel reflète davantage des arbitrages politiques relatifs à l’ouverture ou à la fermeture des tribunaux qu’une logique d’accessibilité pour les justiciables. Sans dégradation majeure de l’accès à la justice, les pratiques doivent néanmoins s’adapter aux réalités locales.
Chapitre 7
La sectorisation scolaire, trame ou drame de l’école républicaine ? (pages : 155-179)
La sectorisation scolaire constitue un instrument central de l’égalité républicaine. Initialement conçue pour favoriser la mixité, elle tend à renforcer la ségrégation socio-spatiale en milieu urbain. Les stratégies d’évitement des familles s’inscrivent dans un cadre de choix politiques ayant contribué à ces effets.
Chapitre 8
Les mailles de l’action sociale pour la cohésion et la réduction des inégalités (pages : 181-199)
L’étude des réformes de l’action sociale dans cinq départements franciliens met en évidence des enjeux techniques, socio-démographiques et organisationnels. La territorialisation de l’action publique devient également un outil de management. Le recentrage sur la carte intercommunale pourrait stabiliser l’architecture institutionnelle tout en consolidant paradoxalement le rôle départemental.
Chapitre 9
Les maillages français de l’action publique en santé (pages : 201-222)
Le maillage sanitaire se situe à l’intersection d’injonctions contradictoires : maîtrise des coûts, besoins locaux, centralisation administrative et coopération inter-établissements. Le processus de structuration demeure opaque et produit des schémas organisationnels complexes pour un service public essentiel.
Chapitre 10
Des « quartiers prioritaires » pour réduire les inégalités (pages : 225-244)
Les quartiers prioritaires relèvent d’une approche territorialisée des politiques sociales. Ce zonage place les communes sous pilotage étatique. Le dispositif perdure en raison des coûts budgétaires qu’impliquerait une approche déterritorialisée, laquelle renforcerait les politiques sociales générales.
Chapitre 11
Tracer pour préserver : les zonages des espaces protégés en France (pages : 245-277)
Les dispositifs de protection environnementale répondent à des objectifs parfois contradictoires de conservation et de valorisation économique. L’exemple des stations de ski alpines illustre ces tensions. La superposition croissante de labels et de zonages engendre des effets de saturation pour les acteurs locaux.
Chapitre 12
Les zonages de l’action publique dans les espaces ruraux (pages : 279-305)
Depuis les années 1950, les zonages ruraux ont accompagné la modernisation agricole, puis la diversification économique à partir des années 1980. Les dynamiques territoriales résultent d’interactions complexes entre acteurs locaux et politiques nationales.
Chapitre 13
Les zones de revitalisation rurale entre égalité et efficacité (pages : 307-327)
Les zones de revitalisation rurale constituent le pendant rural de la politique de la ville. L’éligibilité conditionnée à l’appartenance à un EPCI a élargi le nombre de communes concernées. Dans un zonage étendu, l’État privilégie désormais l’attractivité à l’équité, assumant davantage certaines inégalités territoriales.

