268 pages - avril 2026
ISBN papier : 9781789482393
ISBN ebook : 9781789492392

Code ERC :

SH7 Human Mobility, Environment, and Space
SH7_1 Human, economic and social geography

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Le Monde, objet géographique produit par la mondialisation, n’a suscité que peu d’intérêt en géographie française, au-delà des travaux des précurseurs qui en ont analysé l’émergence.

Cet ouvrage propose de prendre à bras-le-corps la construction du Monde comme un véritable objet géographique. Il réunit des contributions portant sur les manières dont les géographes l’ont conceptualisé et mobilisé, dans différents contextes géographiques et historiques. Il offre des analyses sur la place du Monde dans les représentations individuelles vernaculaires (celles des personnes ordinaires), ainsi que dans les pratiques et les imaginaires d’une pluralité d’acteurs scientifiques ou politiques.

Le Monde et ses possibles identifie les grands enjeux théoriques et méthodologiques soulevés par l’analyse du Monde comme espace auxquels les géographes se trouvent confrontés. Ces enjeux constituent autant de questions de recherche à consolider ou à explorer dans les prochaines années.

1. Les Mondes de la géographie française
2. La planétarisation, tournant planétaire d’un Monde mondialisé et globalisé
3. Se représenter le monde : représentations vernaculaires de l’espace mondial
4. Aux origines de l’atlas moderne : comment découper le monde et le mettre en ordre ?
5. Dire, s’approprier et découper le monde (du) politique (vers 1890-1945)
6. Développement et limites Nord/Sud : un découpage entre ruptures et permanences
7. 500 ans de circumnavigations et l’imaginaire du Monde
8. L’espace numérique et l’émergence d’un Monde pluriel
9. À la recherche du meilleur des mondes : idées géoéthiques et géopolitique mondiale
10. Une échelle mondiale des processus et de l’action politiques

Clarisse Didelon-Loiseau

Clarisse Didelon-Loiseau est professeur de géographie à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne et membre de l’UMR Géographie-cités. Ses travaux portent sur le Monde, et en particulier sur l’analyse des représentations cognitives de l’espace mondial.

Anne-Cécile Ott

Anne-Cécile Ott est postdoctorante au CNRS au sein du Labcom Mixtapes et associée à l’UMR Géographie-cités. Ses travaux, à la croisée de la géographie et de la sociologie, portent sur la socialisation à et par l’espace, notamment chez les jeunes.

Chapitre 1

Les Mondes de la géographie française (pages : 13-34)

En géographie, le Monde est considéré comme une échelle pertinente de l’analyse, et différentes approches s’appliquent à l’étudier comme un objet spatial à part entière. C’est d’abord l’espace de vie de l’espèce humaine, structuré par les réseaux de transports et de communication, et approprié par certains acteurs agissant à cette échelle. Façonnée par les activités humaines, la géographie du Monde est celle de la mondialisation, et les analyses, qu’elles relèvent de la géoéconomie ou qu’elles remettent en question ces approches dominantes, restent marquées par le poids des échanges marchands et financiers internationaux. D’autres approches s’intéressent aux phénomènes transnationaux et interrogent l’émergence du Monde comme espace d’appartenance d’une société-monde, voire comme un lieu ou un territoire.


Chapitre 2

La planétarisation, tournant planétaire d’un Monde mondialisé et globalisé (pages : 35-56)

Le Monde est désormais également appréhendé comme une planète, dans ses dimensions biophysiques. La notion de « planétarisation » désigne le processus de prise de conscience d’une coïncidence entre la sphère géométrique utilisée pour représenter le monde et la planète, sans se réduire pour autant à une simple représentation astrophysique du Monde. Ce chapitre vise à éclairer ce tournant et ses implications pour la géographie. Il revient sur l’évolution, au fil des siècles, de la pensée occidentale des relations entre le Monde et la planète. Il évoque la dénaturalisation de la pensée du Monde, avant que les images de la « Bille bleue » n’y réintroduisent « le naturel », conduisant à une redéfinition du rapport des humains à l’écosystème terrestre. Ce changement de perspective a également des implications scientifiques dont la géographie est le témoin, notamment en termes de régionalisation du Monde.


Chapitre 3

Se représenter le monde : représentations vernaculaires de l’espace mondial (pages : 57-82)

L’ambition de ce chapitre est d’analyser les représentations du Monde. Au-delà des analyses classiques des représentations cartographiques, souvent issues du monde académique, il fait le point sur les représentations vernaculaires du monde, c’est-à-dire celles des individus ordinaires. Il s’intéresse d’abord aux représentations mentales, en analysant leurs déformations et les contenus qu’elles expriment en termes de valeurs attribuées aux lieux et de relations de domination entre les espaces. Il aborde ensuite les représentations du Monde comme processus, c’est-à-dire comme constructions sociales, en s’intéressant notamment aux instances de socialisation, en particulier l’école, qui contribuent à produire et diffuser ces représentations.


Chapitre 4

Aux origines de l’atlas moderne : comment découper le monde et le mettre en ordre ? (pages : 83-101)

Ce chapitre analyse les modes de composition éditoriale des premiers atlas de l’époque moderne imprimés en Europe, notamment en Italie et dans les Flandres. Il distingue deux plans de composition : d’une part, la logique géographique générale qui sous-tend l’ordre de présentation des régions dans ces atlas ; d’autre part, les opérations éditoriales et graphiques spécifiques déployées dans la présentation de chaque région. L’objectif est de mettre en évidence la place centrale, tant sur le plan intellectuel que graphique, de la composition des atlas en « cahiers » (feuille pliée en quatre, présentant la carte sur deux pages et le texte sur les pages extérieures), ainsi que le rôle des pratiques de montage dans l’élaboration de ces ouvrages.


Chapitre 5

Dire, s’approprier et découper le monde (du) politique (vers 1890-1945) (pages : 103-125)

Entre 1890 et 1945, les géographes européens ont largement contribué à la construction d’une représentation politique du monde en découpant la Terre selon un triptyque emboîté : région, État, empire/pouvoir mondial. Le chapitre explore comment ces découpages — souvent naturalisés dans les atlas ou les géographies dites « universelles » — ont servi à légitimer des formes d’appropriation du monde par les puissances occidentales. La géographie universitaire participe alors d’un double mouvement : étatisation de la Terre et politisation du « monde », conçu comme théâtre des rivalités impériales. En analysant les lexiques (puissance mondiale, échiquier, scène…) et les dispositifs de représentation (cartes, atlas, modèles), ce chapitre met en lumière l’invention d’une grammaire géographique du politique, entre ambition scientifique, visée pédagogique et ressort idéologique.


Chapitre 6

Développement et limites Nord/Sud : un découpage entre ruptures et permanences (pages : 127-148)

Le chapitre analyse les découpages du Monde fondés sur la notion de « développement », largement diffusée après la Seconde Guerre mondiale. Reflétant à la fois les conditions de vie, les dynamiques de transformation sociale et économique et les analyses géopolitiques, ces découpages sont à la fois dynamiques et étonnamment stables. Le chapitre propose un retour sur la notion de développement et les modèles qu’elle induit, avant de questionner les classifications du développement et leur traduction dans une hypothétique opposition Nord/Sud. Enfin, il précise comment la géographie française s’est saisie de ces enjeux et montre comment la tension, longtemps dominante, entre primat des enjeux environnementaux et lecture politique des inégalités tend aujourd’hui à s’effacer au profit d’un retour de la tropicalité dans des approches critiques.


Chapitre 7

500 ans de circumnavigations et l’imaginaire du Monde (pages : 149-174)

Participant à la fois de la mondialisation et de la construction d’un imaginaire global, les « tours du monde » constituent des mobilités particulières en raison de leur inscription à l’échelle mondiale. S’ils relèvent aujourd’hui de mobilités touristiques relativement classiques, ils ont longtemps constitué des événements, dont certains conservent encore une dimension exceptionnelle. À partir d’une base de données recensant des tours du monde remarquables (c’est-à-dire constituant, pour une raison ou une autre, un événement), ce chapitre cherche à qualifier les imaginaires globaux qui ont participé, et participent encore, à la construction du Monde comme espace géographique et politique. L’analyse de ces parcours, couvrant cinq siècles, de 1519 (Magellan) à 2019 (One Planet, One People, One World: Oneness for Humanity), permet de dégager trois grands types de régimes de relation au monde, révélateurs d’imaginaires globaux dépendant des acteurs qui les portent.


Chapitre 8

L’espace numérique et l’émergence d’un Monde pluriel (pages : 175-204)

Ce chapitre étudie la production et la diffusion des technologies numériques comme des processus porteurs d’une dimension politique et idéologique dans la production d’un espace mondial. Ces technologies relèvent en effet de choix politiques qui orientent la structuration de cet espace. Le chapitre les analyse ainsi en termes de représentations et de production du Monde fondées sur des systèmes de valeurs individuels ou collectifs (aspirations sociales, politiques, environnementales). Après avoir esquissé, du point de vue méthodologique, la manière dont ces technologies peuvent révéler des visions spécifiques du Monde, le chapitre montre en quoi elles relèvent de stratégies mises en œuvre à l’échelle mondiale. Il revient ensuite sur le projet libéral américain qui a façonné les premiers réseaux numériques dans les années 1990, avant d’évoquer des projets alternatifs portés par des acteurs internationaux (enjeux de souveraineté) et des réseaux citoyens (enjeux écologiques).


Chapitre 9

À la recherche du meilleur des mondes : idées géoéthiques et géopolitique mondiale (pages : 205-230)

Ce chapitre porte sur les représentations du monde idéal et sur les enjeux épistémologiques qu’elles recouvrent pour les sciences sociales, et pour la géographie en particulier. Il rappelle et précise les modalités d’analyse de ces représentations. Il présente ensuite la manière dont la géographie et l’analyse géopolitique ont, depuis plus de trente ans, envisagé ces représentations comme l’expression idéologique d’un ordre hégémonique mondial fondé sur les valeurs néolibérales. Contre la radicalité réductrice d’une telle lecture, le monde apparaît aujourd’hui comme traversé par des aspirations et des projets contradictoires, le néolibéralisme étant de plus en plus contesté, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur des institutions politiques. Enfin, une conclusion programmatique intègre l’hétérogénéité de ces représentations dans le cadre d’une analyse des régimes géopolitiques attentive à leur conflictualité et à leur complexité axiologique.


Chapitre 10

Une échelle mondiale des processus et de l’action politiques (pages : 231-252)

Si l’aide au développement, notamment celle portée par les ONG, s’intègre aux flux de la mondialisation classique, elle peut également participer à l’émergence d’un espace politique à l’échelle mondiale. En effet, les ONG mènent des actions et mettent en œuvre des projets relevant des Objectifs de développement durable définis par l’ONU, et concernant l’ensemble de l’humanité. Toutefois, le cadre politique dans lequel évoluent l’ONU et les États demeure davantage international que véritablement mondial. Ce chapitre revient sur l’émergence des problématiques mondiales et sur leur prise en charge dans un contexte structuré par ce cadre international, en proposant des pistes méthodologiques pour analyser les pratiques des acteurs confrontés à des défis d’échelle globale.